Guy Henrot à l'honneur au Club

May 31, 2016

Ex-Gentleman-Rider, puis entraîneur titulaire de records à répétition (jusqu’à dépasser les 2.700 victoires quand il a mis un terme à son exploitation, sur une victoire pour la casaque de sa sœur, Eve Ruggieri, la bien connue chroniqueuse musicale et productrice de télévision et radio), Guy Henrot a choisi le siège du Club - plutôt que tout autre décor - pour se faire remettre en début de semaine dernière les insignes de l’Ordre du Mérite Agricole, des mains de Bertrand Bélinguier.
Face à une assistance privée réunissant plusieurs hautes notoriétés du turf, il a effectivement tenu à désigner la part essentielle du Club dans sa carrière professionnelle, quand il a répondu - avec son sens désarmant de fin conteur, amateur de dérision (et d’autodérision) et de formules elliptiques - à la brillante allocution de Bertrand Bélinguier.

 

L’ex-Président de France Galop a rappelé le singulier parcours qui a mené Guy Henrot du Conservatoire de violon (en digne fils de parents musiciens à l’Orchestre de Nice) aux honneurs de Royal Ascot, en passant par ses succès et péripéties sous la casaque, comme Gentleman puis comme jockey (au palmarès notamment du Grand Cross de Pau)…

 

Guy Henrot sera ainsi passé de l’archet à la cravache, après la découverte inopinée du cheval de course : de ce coup de foudre, émanera l’appel de l’équitation de course, au gré de l’hospitalité d’entraîneurs marseillais complaisants, à la porte desquels il avait frappé, totalement étranger au « milieu »…

 

La première victoire, en septembre 1960 à Marseille, désigne une certaine Freluchette, dont le nom n’est pas passé à la postérité, en une première pourtant déterminante sur un carnet de bord qui a compté une soixantaine de victoires (et deux Eperons de Vermeil de la Fégentri) - sans compter ces incessants combats opposés à la balance, pour réduire ces irréductibles et insoupçonnables derniers hectogrammes d’une silhouette filiforme et asséchée.

 

Les étapes vont se succéder, de la casaque à l’entraînement : stages chez le Dr Dumeau en Charente ; montée « à la capitale », fut-ce au bas de l’échelle, auprès d’Henri Gleizes à Maisons-Laffitte, de Jacques Doyasbère puis de Charles-W. Bartholomew à Chantilly, dont il est le bras droit ; prise de licence d’entraîneur privé sur le centre privé de Mme Tabur (née Couturié) à Savigné-l’Evêque à la faveur du départ d’Alain de Royer Dupré, et sur recommandation de son ami et complice Jacques de Chevigny ; immédiate réussite et passage au statut d’entraîneur public ; afflux de grandes casaques étrangères ; activité tous azimuts sur tous les hippodromes de l’Ouest ; titres répétés d’entraîneur tête de liste en nombre de victoires en France (qui lui ont valu d’être le tout premier entraîneur provincial titulaire d’un titre national) ; honneurs du podium de Royal Ascot (King’s Stand Stakes, avec Don’t Worry Me), etc.

 

Quittant Savigné-l’Evêque, Guy Henrot a ensuite jeté son dévolu sur le domaine de Luché-Pringé (Sarthe), ancienne propriété historique à l’abandon, dont il a fait un magnifique centre d’entraînement privé au prix d’énormes travaux de rénovation, sur les rives du Loir.
Le site s’est aussi bien prêté comme centre d’entraînement que comme base de repli « cinq étoiles », notamment choisi par les deux plus grands entraînements cantiliens (Fabre et Royer Dupré) pour leurs chevaux en semi-repos ou en attente d’affectation (Aga Khan, Lagardère, Wertheimer, etc.), jusqu’à ce que Guy Henrot ne se décide à cesser son activité (les installations étant aujourd’hui investies comme annexe provinciale par les effectifs de Mikel Delzangles).
Ayant toujours chiné partout où ses incessants déplacements l’ont mené (brocantes, antiquaires) avec l’aide précieuse de de son épouse Véronique, Guy Henrot a fait de Luché-Pringé un bijou, y mettant à profit son goût pour les Beaux Arts – et plus particulièrement pour les œuvres d’art d’inspiration équestre, d’où cette reconversion toute indiquée qui, aujourd’hui, en fait un spécialiste avec pignon sur rue en conseil et négoce de tableaux.

 

Tout cela a été rappelé, pour flatter Guy Henrot, en une réception brillante où l’intéressé, revenant sur son parcours, a donc souligné le tribut essentiel de l’amateurisme et du Club, sans lesquels rien de tel n’eut pu être projeté.
Le tout, exprimé avec un brin d’émotion qui a momentanément troublé sa verve bien connue – cette malice qui avait fait le délice des vestiaires comme des grands hôtels de ses déplacements internationaux, quand il était Rider et Gentleman…

 

 

 

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