Discours Gérard de Chevigny Dîner Annuel du Club 2018

March 14, 2018

En ouverture des célébrations et du Dîner de gala annuel du Club des Gentlemen-Riders et des Cavalières, le 9 mars au Jockey-Club, le Président Gérard de Chevigny s’est adressé en ces termes à l’assistance :

 

Chers amis,

 

Vous êtes maintenant tous en place, devant les élastiques. Mais je vais vous demander quelques minutes d’attention et de patience, avant que le drapeau ne soit baissé.

 

Je vous remercie d’avoir été aussi nombreux à répondre à l’invitation de notre dîner de gala annuel. Quelques absents de marque m’ont demandé de vous transmettre leurs regrets de n’avoir pu être des nôtres ce soir.

 

Je citerai M. Edouard de Rothschild, Président de France Galop ; M. Elie Hennau, nouveau Président de la Fédération Internationale des Gentlemen-Riders et des Cavalières (Fégentri) ; M. Louis Romanet, Président de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques ; autant de défenseurs de notre cause… Sans oublier - sous vos applaudissements -, le Baron Henry de Montesquieu, notre très cher Président d’Honneur, illustration suprême de l’« esprit Club », lui aussi malheureusement empêché - mais dont vous verrez la griffe sur l’étiquette des grands crus qui vont vous être servis sans modération dans quelques instants.

 

Nous sommes environ 110. En faisant mes pointages hier - hormis le constat que la qualité soit effectivement à l’unisson de la quantité -, j’ai été frappé par une chose.

 

Nous sommes dans un contexte historique qui date, manifestement : c’est le site du Jockey-Club, qui approche de son bicentenaire ; et c’est le Club, bientôt centenaire, qui vous y convie. Or, regardez ; il y a de quoi être frappé : la moyenne d’âge s’avère exceptionnellement basse, du moins de mon point de vue, du haut de mon estrade et de mes années. Tant de juniors, auprès de leurs aînés, c’est le reflet de l’avenir du Club, et de l’amateurisme. C’est eux qu’il faut applaudir en premier.

 

Je note aussi, là, face à moi, l’élégance de l’assistance, et je m’en réjouis. « Le chic, c’est le respect d’autrui », dit-on.

 

Nos chers chevaux, qui sont une perfection d’élégance, nous commandent d’être aussi élégants qu’eux. Distinguons-nous, soyons aussi distingués qu’eux. Le Club y veille et y tient. Question d’étiquette, d’éthique et d’esthétique. Devoirs d’élégance et de courtoisie figurent dans les fondamentaux du Club.

 

Notre dîner est honoré, ce soir, de la présence de très nombreuses hautes personnalités, certaines ici pour la première fois.

 

A tout seigneur, tout honneur : France Galop est représenté par son Vice-Président, M. Jean d’Indy, l’homme d’Auteuil et de l’obstacle, précieux allié de notre cause.

 

Mais aussi, pour la première fois, nous accueillons M. Olivier Delloye, qui fait partie d’ailleurs de ces jeunes dont je parlais à l’instant. Vous ne l’ignorez pas, Olivier Delloye est le Directeur Général de France Galop, déterminant en son soutien de l’amateurisme, dans des conditions économiques très difficiles.

 

Je ne sais si Olivier le sait, ou pas. Mais la casaque Delloye a vécu au moins deux très grosses déconvenues, il y a plus de quarante ans, qui me sont attribuables. J’avoue aujourd’hui, toute honte bue…

 

C’est effectivement sous la casaque Delloye que j’ai connu mes plus humiliantes chutes comme Gentleman-Rider.

Une chute dans le Prix Ferdinand Dufaure, Grand Steeple-Chase d’Eté des 4 ans à Auteuil – de quoi faire amèrement regretter à Hugues Delloye d’avoir confié son cheval à un Gentleman-Rider, dans un Groupe I…

 

Et une chute à Longchamp, dans notre classique Prix des Centaures, course gagnée, sur une dérobade complètement inattendue à 200 mètres de l’arrivée, pile, à gauche toute, direction les écuries – et moi, tout droit…

 

Heureusement, sous la casaque La Rochette, que détient maintenant Jean d’Indy, m’a été confié le meilleur cheval de haies du moment, Sampietro – mais c’était en plat, à Evry, dans le Grand Prix des Gentlemen, où je n’avais qu’à rester dessus pour gagner…

 

Vous savez, que,  dans le jargon des jockeys, lorsqu’il leur arrive de tomber ici ou là, l’expression consacrée est : « j’ai acheté du terrain à Auteuil », « j’ai acheté du terrain à Pau », « j’ai acheté du terrain à Longchamp » (c’est plus rare)… Grâce à vos couleurs familiales, Olivier et Jean, je suis grand propriétaire foncier dans l’Ouest parisien. Cà pose son homme, çà crée des liens.

 

On en reparlera à l’inauguration tant attendue du Nouveau Longchamp et du Prix des Centaures nouveau, ou tout à l’heure, devant une coupe de Moët – çà, c’est un clin d’œil à M. Arnaud Jacquinet, partenaire du Club et fidèle fournisseur de bulles de notre Cercle, ici présent bien sûr.

 

Je salue la présence fidèle de M. Bertrand Bélinguier, ex-Président de France Galop, et de son épouse Nathalie, qui a passé à Elie Hennau le flambeau de la présidence de la Fégentri, après dix années de service, où de nombreux nouveaux pays ont rejoint les circuits des Championnats du Monde des Amateurs, avec l’étiquette Longines en prime.

 

Je dois aussi souligner la présence, pour la première fois, de M. Emmanuel Feltesse, nouveau Président du Comité Régional d’Equitation d’Ile de France. Le Club est toujours là, pour faire le lien entre les courses et le sport équestre.

 

M. Feltesse nous rejoint en cette Année II de la toute jeune Association Nationale des Poneys au Galop, qui a officialisé l’équitation de course à poney comme la 33ème discipline équestre à part entière reconnue comme telle par la Fédération Française d’Equitation, en coopération avec Le Trot et France Galop. Cette nouvelle association est représentée ici ce soir par sa Présidente, Mme Cécile Madamet, et ouvre de larges perspectives, comme vivier de vocations de Gentlemen et de Cavalières.

 

Tout dévoué à montrer et démontrer que l’équitation de course est un sport accessible, le Club ratisse le plus large possible, entre les majors des Championnats des Grandes Ecoles et les juniors des courses de poneys.

 

Nous sommes également très honorés de la fidèle présence d’Yves Saint-Martin, véritable légende vivante, qui demeure le plus Gentleman des jockeys, et nous le prouve en soutenant toujours l’amateurisme, lors de toutes nos manifestations-phares.

 

Des bienfaiteurs du Club et de l’amateurisme, il y en a bien d’autres ici, notamment nos partenaires et sponsors.

 

Vous savez que, chez nous, on ne dit pas « les risques du métier », mais « les risques du loisir » : c’est ce que gère la compagnie d’assurances Gras-Savoye, partenaire du Club, représentée par Mme Nathalie Robert.

 

Je sais qu’entre Gentlemen, on ne parle pas d’argent. Alors je vais parler d’investissement, concernant ce qui nous lie matériellement avec France Galop.

 

Il faut savoir qu’au cours de ces deux dernières années, nous avons fait le sacrifice d’une quarantaine de courses, essentiellement sur le terrain provincial des courses PMH, dès lors que France Galop s’est trouvé dans l’obligation d’optimiser le nombre moyen de partants sur le terrain dit « parisien » des courses Premium, compte-tenu de la baisse des effectifs de chevaux à l’entraînement. D’où, pour nous, la perte de cette quarantaine de courses,  pour retomber à environ 220.

 

Pour 2018, nous a été présenté par France Galop un vaste point de remodelage du programme des amateurs, découlant des conclusions d’un audit national sur l’optimisation des enjeux. En a résulté la recommandation faite aux programmateurs de France Galop, de reléguer un grand nombre de courses d’amateurs du statut Premium au statut PMH.

 

Évidemment, cela nous a énormément inquiétés.

 

Nous étions néanmoins bien conscients que France Galop fait face à d’énormes problèmes économiques, sollicitant des efforts de tous ; il n’y a évidemment aucune économie à négliger, il est impératif d’optimiser tout ce qui peut l’être, y compris sur le petit créneau occupé par les courses d’amateurs – soit guère plus de 100 courses Premium, alors qu’il s’en dispute 5.000 par an au galop, professionnels compris.

 

Le Club a, bien sûr, fait valoir ses arguments, de sorte que France Galop minimise le plus possible le nombre de courses qui allaient être marginalisées en PMH, ce qui signifie que nos amateurs s’exposent en 2018 à se produire plus souvent sur des hippodromes plus reculés.

 

« Les voyages forment la jeunesse », conclura-t-on volontiers… Pourvu qu’en l’occurrence, ils ne la déforment pas !

 

Mais en fin de compte, je dois dire ici que France Galop a beaucoup fait pour atténuer nos craintes.

 

D’abord, en décidant heureusement de mettre un coup d’arrêt, en 2018, à la chute du nombre total de nos courses, comme en avaient été affectés les programmes 2016 et 2017.

 

Ensuite, en arrêtant à une trentaine le nombre de nos courses reléguées de Premium à PMH, soit quand même près d’un tiers.

 

Il me plairait à y voir la prise de conscience, par nos interlocuteurs à France Galop, que l’amateurisme, c’est un investissement mineur pour un résultat majeur. De fait, ce résultat majeur ne se mesure pas en recette PMU ou PMH, dénoncée par l’audit car inférieure à ce que produisent en moyenne les courses de jockeys.

 

Il faut bien percevoir qu’en défendant l’intérêt particulier des amateurs, c’est l’intérêt général de l’Institution que l’on défend. Car la contribution de l’amateurisme à l’Institution est incommensurable.
Le capital-passion, qui est propre à l’amateurisme, amène des vocations toujours renouvelées et durables à l’Institution. Avoir porté la casaque, ne fut-ce qu’une poignée de fois, dans leur vie, c’est une expérience qui a participé à l’éclosion d’une multitude de très grands talents, jusqu’aux sommets ainsi atteints par les André Fabre, les Jean-Claude Rouget, les Criquette Head, les Alain de Royer Dupré, les Alex Pantall, les Carlos Laffon-Parias, etc., en plat ; de même que, en obstacles, les Guillaume Macaire - en scène ce soir ici -, les François Nicolle, les Guy Chérel, les Leenders, les Beauregard, les Boisbrunet, les Foucher, etc, sans remonter plus avant – outre François Doumen, de nos hôtes ce soir… Cela, pour ne considérer que l’impact de l’amateurisme dans la corporation des entraîneurs.

 

Car, au crédit de l’amateurisme, il y a aussi toutes les vocations qui ont conforté les rangs des propriétaires – n’est-ce pas M. Chaouat, qui nous faites ce soir l’honneur de les représenter -, des éleveurs, des créateurs et actionnaires d’écuries de groupe, des responsables d’agences de ventes, des membres de Sociétés de Courses, Présidents, administrateurs, Commissaires, handicapeurs, et tous autres multiples bénévoles de terrain… Un audit indépendant sur cet impact serait intéressant.

 

J’en oublie de parler de ceux qui nous réunissent ici, ce soir, derrière les indétrônables Florent Guy et Barbara Guenet : nos jeunes et leur élite, tous ceux qui vont être appelés tout à l’heure sur ce podium, Cravaches d’Or, d’Argent, de Vermeil dans les deux disciplines, chez les garçons et chez les filles, champions régionaux, nationaux et mondiaux, jusqu’à l’Eperon d’Or Fégentri  2017 de Thomas Guineheux. Vous verrez, ils présentent aussi bien à pied qu’à cheval, vous découvrirez d’autres facettes de leurs talents sous les feux de la rampe…

 

Le Club est fier d’eux. Leur sport est une leçon de vie. Chez eux, on sait mieux que quiconque que : 1. la vie est un steeple-chase ; 2. il n’y a pas de steeple-chase sans obstacles ; 3. la passion s’accroit à la mesure des obstacles qu’on lui oppose.

 

Et puis, s’il y a des chutes, ici ou là, ils y seront propriétaires d’un carré de gazon, peut-être de nouveaux voisins pour moi !

 

Vive eux, vive le Club !

 

 

 

 

 

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