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ADIEU JACQUES JOCHAUD DU PLESSIX

Entré au Club en 1947, à l’âge de 24 ans, parrainé par le Capitaine Lair et le Lieutenant Barbé, il était notre plus ancien Membre.


Le récent rappel à Dieu du Lieutenant-Colonel Jacques Jochaud du Plessix fera évoquer au passé un destin de Gentleman-Rider d’une autre époque – l’une de ses toutes dernières satisfactions ayant été de voir à l’affiche de Longchamp le nom d’un de ses petits-fils, Alexandre Négré, dans la colonne des participants de la deuxième étape du Championnat des Grandes Ecoles, le 23 mai dernier, sous les couleurs de l’ESCP.


Au front dès son plus jeune âge (Croix de Guerre 39-45, Croix du Combattant Volontaire 39-45), ensuite passé par Saint-Cyr et Saumur, Jacques Jochaud du Plessix aura été de ces générations d’officiers intimement liés aux douloureux engagements « post-Première Guerre » de l’Armée Française, ayant notamment servi en Indochine (Croix de Guerre T.O.E., Officier de la Légion d’Honneur).


Mais c’est à cheval qu’il s’est parallèlement accompli, à l’assaut de tous les plus périlleux obstacles de cross des « militaries » de l’époque, là où le menaient les chevaux du Centre Militaire des Sports Equestres de Fontainebleau – pas seulement ceux de course, mais aussi ceux de Concours Complet, discipline où il s’est fait un nom et a été sélectionné olympique (J.O. de Stockholm).


Une cinquantaine de victoires ornera son palmarès, parmi lesquelles celles acquises à la genèse du championnat international de la Fégentri, où il a représenté la France en Italie, en Espagne, en Suisse, en Suède, en Allemagne, en Belgique, glanant notamment un Eperon d’Argent en 1956, derrière ses compatriotes civils René Couétil et Christian Seguin, devant le Baron von der Lancken, Erik Delaquis et le Duc d’Alburquerque.


Le tout, sans compter son lot de passages à la case « hôpital » et les multiples et plus cocasses péripéties de ces temps héroïques, qui en ont fait l’un des derniers témoins d’une époque révolue.


Exemple : ce military au Grand Parquet, à Fontainebleau, où il avait été affiché tout aussi bien gagnant que deuxième… Son ultime adversaire était tombé, laissant le futur Colonel Labouche au sol, et précipitant sa victoire en solitaire – sauf qu’à peine pesé à son retour aux balances, Jacques Jochaud du Plessix n’a eu qu’une hâte : sauter en selle sur le cheval de son malheureux camarade et aller décrocher la deuxième place...


Ces multiples titres de cavalier, qui l’ont notamment vu s’imposer dans les prestigieux Grands Prix de Merano et de Waregem, ont participé à accroître sa collection de citations, Chevalier du Mérite Sportif, Médaille de la Jeunesse et des Sports, etc.


Haute figure de Fontainebleau et de son Centre National des Sports Equestres, Jacques Jochaud du Plessix y a vu passer sous ses ordres de multiples appelés du Service National, issus des courses de Gentlemen, ayant fait du CNSE le commun dénominateur d’une étonnante concentration de futures vedettes du Turf, le temps de leur passage sous l’uniforme.


Quand il a été rendu à la vie civile, le Lieutenant-Colonel Jochaud du Plessix a été requis au service de la Société d’Encouragement (future France Galop), comme spécialiste national de l’aménagement et de l’entretien des quelque 230 hippodromes de galop en France, avec le soin des parcours d’obstacle comme priorité. Il a aussi apporté sa pierre comme Président de la Société des Courses de Blain de 1988 à 2000.


Sa gentillesse, sa bonhomie, sa bienveillance, sa réticence à se prévaloir de tout ce qui le distinguait pourtant, en sa carrière militaire et sportive, étaient celles des trop rares personnalités qu’on peut désigner sous les termes complémentaires de « Gentleman » et d’« homme de cheval »…

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