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Thomas Journiac, une première dans le Livre des Records

Trois semaines seulement après avoir passé son stage d’obtention de première licence (sésame sine qua non pour que son dossier soit ensuite soumis à l’examen et à l’aval des Commissaires de France Galop, souverains pour délivrer le « ticket » officiel), le jeune Thomas Journiac se sera retrouvé à figurer au départ du Prix Duc d’Alburquerque…

Le plus improbable qui s’avère possible… Une licence aux tampons à peine secs ; un site bien peu envisageable pour un amateur débutant en obstacles (Auteuil) ; un enjeu majeur (étiquette classique du Prix Duc d’Alburquerque, zénith au programme des amateurs les plus éprouvés sur le steeple-chase d’Auteuil) ; une date privilégiée (prestigieux dimanche du Grand Steeple-Chase de Paris)…

Sans compter que cette tout-à-fait improbable apparition dans un tel casting allait amener Thomas Journiac à faire sa toute première apparition dans un programme « Premium » national.

Il faut en effet savoir que le Code des Courses impose à tout amateur débutant de fournir deux prestations en programmes « PMH » (courses de province, privées de paris sur le réseau national du PMU) avant d’être autorisé à se produire en affiche « Premium ».

Ces deux apparitions auront tout juste pu avoir lieu dans la semaine qui a suivi l’aval définitif des Commissaires de France Galop, à savoir, le 11 octobre au Pin-au-Haras, dans deux courses plates mixtes (GR et Cavalières), soldées par deux lointaines « non-figurations », sous les couleurs de son père Pascal Journiac, puis sous celles de Laurent Viel.

Ce n’est pas tout. Car, au temps T de ses débuts à Auteuil, Thomas Journiac s’est singularisé aussi par son âge : 16 ans à peine révolus… S’impose la citation de circonstance : « Je suis jeune il est vrai, mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années » (Pierre Corneille).

Pascal Journiac, fier à juste titre, tiendra à ajouter que les lycéens « lambda » sont généralement au lit quand ses fils, eux, trouvent le temps de monter un lot à l’aube et par tous temps, avant de prendre le chemin de l’école.

A chaud au micro d’Equidia, en voyant Thomas essuyer une larme, le poteau franchi, en rentrant aux balances, il confessera : « Je ne devrais pas dire çà, mais j’ai tout fait pour les écoeurer ; mais çà n’a finalement pas marché. Parfois je me dis que j’ai été un peu dur avec eux mais ils me remercieront après. David Cottin m’avait dit qu’il ferait débuter mes gamins ».

Car dans le lot, au troisième rang, figurera aussi Thibault Journiac (18 ans), frère aîné de Thomas, associé au « Cottin » Dalahast et lui aussi débutant à Auteuil (mais quand même avec déjà une douzaine de montes à son actif, incluant une toute première victoire au Touquet, acquise le lendemain du stage réussi par son cadet).

Quand c’est un entraîneur de la trempe de David Cottin qui s’autorise à faire débuter directement à Auteuil un tel jeune lycéen de 16 ans - et sur un cheval parmi les plus indiqués de la course, en termes de paris (le notable 6 ans Ajas) -, on présume qu’il l’a fait en connaissance de cause – lui, l’ex-top GR, devenu top-jockey, hissé cette année N°3 des entraîneurs d’obstacle en France, derrière François Nicolle et Guillaume Macaire.

Mais aussi, il est heureux que le Club, ne se résolvant pas à la fatalité « Covid » (cause de l’annulation de ses stages 2020 d’obtention de première licence prévus à Chantilly), ait finalement obtenu une dérogation de France Galop pour une session hors normes décentralisée, en date du 26 septembre – ce qui a ainsi permis à Thomas Journiac de se présenter à temps au test d’aptitude diligenté par l’Association des Gentlemen-Riders et des Cavalières de l’Ouest sur le Centre d’Entraînement de Senonnes ; et ainsi d’être dans les temps pour espérer pouvoir monter à Auteuil le 18 octobre.

A ce jour, sur la trentaine de jeunes amateurs de cette promotion « Covid 2020 », longtemps résignés à devoir attendre 2021 pour passer leur licence (avant que ne soit proposée et autorisée la formule de stages « distanciés » de rattrapage, dispatchés entre Paris et les régions), un quart d’entre eux a déjà pu effectuer ses débuts en courses officielles. Mission accomplie ! Mais qui eût pensé que s’y trouverait un immédiat vainqueur du Prix Duc d’Alburquerque ?

Sollicitant une attestation d’aptitude signée d’un entraîneur professionnel, le dossier d’inscription de Thomas Journiac désignait en l’occurrence David Cottin. Se doit d’être également souligné le fait que le jury sur le terrain à Senonnes fut présidé par Guillaume Viel – lequel s’est trouvé parmi les adversaires défaits du cadet Journiac dans ce Prix Duc d’Alburquerque.

Mais à peine un mois avant l’examen de Senonnes, le nom de Thomas Journiac avait figuré au programme de la grande affiche des courses de poneys de Deauville…

Autre dimension : cette fois, appelé à faire porter 70 kilos à Ajas, Thomas Journiac - avec ses 55 kilos tout mouillé - a vidé les réserves de plomb du vestiaire… Ajas, lui, y a vu 70 kilos de plumes, faisant les bras de son jeune pilote sur les 1.000 premiers mètres puis s’accordant avec lui, pour jouer les maîtres d’école et semer ses adversaires après le saut de la dernière haie.

Pour l’heure, l’agenda désigne une priorité : les bancs du Lycée de La Flèche. Reste à savoir si Thomas sera au départ de l’historique Prix de France, le 15 novembre, avec les « gros de la ligne d’en face » au menu (parcours empruntant la Piste Intérieure des Steeple-Chases d’Auteuil) : rendez-vous pris avec l’open-ditch – mais aussi avec l’Histoire, y désignant (le cas échéant) un vainqueur qui en serait le plus jeune, en cette 120ème édition de l’épreuve qui fait état de Grand Steeple-Chase des amateurs.

Sachant, par ailleurs, que le Prix de France offre à son lauréat une entrée à vie à Auteuil…



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