Jean-Pierre Pouret : adieu, Gentleman !
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Un « Monsieur ».
Le terme est peut-être désuet. Mais sa dimension se sera manifestée avec éclat, en la personne de M. Jean-Pierre Pouret, archétype en l’espèce.
Sa disparition fait rejaillir ces qualités à part, que recèle le raccourci « c’était un Monsieur » – « Gentleman », en anglais.
Pour ceux qui l’ont très bien connu comme pour ceux qui n’ont pu que le croiser, à la ville comme sur les hippodromes, l’unanimité se sera faite sur l’extrême civilité de Jean-Pierre Pouret. Politesse, bons usages, haute éducation : tout un ensemble, un devoir qui participe à désamorcer l’agressivité ambiante ; à « créer du lien », dirait-on aujourd’hui, selon la vulgarissime et pédante expression du moment.
Le petit monde des courses comme les grands du turf en témoigneront, entre Limoges, Pompadour, Le Dorat, etc., de ceux qui l’y ont connu comme médecin « de terrain » ou comme Commissaire, à ceux qui ont croisé son chemin professionnel, en ses lourdes responsabilités de chirurgien en matières digestive, gynécologique et vasculaire, ancien interne des Hôpitaux de Genève, Chef de clinique en Suisse, puis à son compte à Limoges - retour obligé au périmètre hennissant de son enfance…
Le résumer ? Chirurgien, homme de cheval, et tout en même temps « Vieille France » ? Oui, mais dans le sens le plus positif de ce terme, dénaturé en sa connotation caricaturale, par les temps qui courent. Cela rime d’abord avec élégance.
Et en cela, qu’elle eût été vestimentaire ou de courtoisie naturelle chez Jean-Pierre Pouret, toujours tiré « à quatre épingles », il s’agit avant tout d’une forme de respect d’autrui, rimant aussi avec exigence. Et nullement de l’amour de son propre miroir. Le débraillé qui caractérise notre époque, de surcroît sur nos hippodromes, devait l’affliger. Pas d’éthique sans esthétique, et vice versa.
La profondeur du personnage s’est aussi mesurée à son immense culture, dans tous les domaines, notamment sur l’histoire et les traditions du Limousin. Mais loin de lui, la tentation de s’en prévaloir ; question de respect, là encore.
Ce n’était, pour lui, qu’obéir à la trilogie « Savoir, pour prévoir, afin de pourvoir » : ligne de vie, ancrée chez Jean-Pierre Pouret. De fait, il n’aura cessé de nourrir ses connaissances, de cultiver son savoir, grand lecteur devant l’Eternel.
Et quid de l’homme de cheval ?
Parrainé par Henri de Lotherie et Jean Soulhié, le Dr Jean-Pierre Pouret avait été admis au Club (alors présidé par le Général de Saint-Didier), en 1962 – année où avaient été également été enregistrées les arrivées de Jean de Brétizel, Bernard de Saint-Seine, et autres Luis Urbano-Roldan ou Walter Haefner, autant de noms très respectés pour leur tribut à la bonne cause des courses et de l’amateurisme.
En 1975, Jean-Pierre Pouret avait obtenu sa licence de « permis d’entraîner », titulaire d’une licence de Gentleman-Rider étrennée en 1960 et assumée sous la casaque jusqu’en 1967.
En l’occurrence, c’est le creuset d’élevage du Limousin qui se manifestait, avec la culture « cheval » spécifique de ce terroir, qui a produit tant de grands noms dans l’histoire des courses françaises – et tant de Gentlemen et membres éminents du Club, à commencer par le mythique Baron de Nexon, lui aussi prompt à soutenir la candidature de Jean-Pierre Pouret, jusqu’au précité Henri de Lotherie et jusqu’à nos contemporains Jacques et Patrice Détré.
Jean-Pierre Pouret se prévalait effectivement de ce sceau « cheval » propre au Limousin, transmis par son père, médecin à Limoges et proche ami de Georges de Nexon. Il n’a pas tardé à doter sa propriété d’infrastructures dédiées à sa passion, boxes, manèges, pistes.
Jean-Pierre Pouret nous a quittés le 6 mars, faisant souligner le conséquent legs dont la famille Pouret aura privilégié les courses, aujourd’hui avec son fils Henri, Directeur à France Galop et grand ami du Club, hier avec son oncle le Dr Edouard Pouret, chirurgien équin de notoriété mondiale, propriétaire, éleveur, pionnier en de multiples domaines...
L’image de « gentilhomme-Gentleman » qu’aura imprimée Jean-Pierre Pouret n’est pas le moindre des enseignements fournis par sa vie. Elle nous aura appris ce qu’est « Un Monsieur ».
En son nom et au nom de tous ses membres, le Club des Gentlemen-Riders et des Cavalières adresse ses plus vives condoléances à la famille de Jean-Pierre Pouret.
La messe de son rappel à Dieu sera célébrée en l’église Eglise Saint-Roch de Jourgnac (Haute-Vienne), le le jeudi 12 mars, à 14h00.
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