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Guilain Bertrand, une fin en apothéose après 13 ans de carrière comme Gentleman-Rider !

Mercredi 1er mai, sur l’hippodrome de Saint-Cloud, toute l’équipe du Club et de nombreux sympathisants de l’amateurisme étaient réunis pour le Prix Paul-Noël Delahoutre, première étape des classiques pour nos Gentlemen-Riders dans le Trophée Studio Harcourt.


Au rond de présentation, la traditionnelle photo de groupe avait déjà une saveur particulière pour Guilain Bertrand, pour qui sa licence prendrait fin dès le lendemain. En effet, ayant choisi de se professionnaliser aux côtés d’Anastasia Wattel comme assistant entraineur, un délai de deux ans lui était imposé.


Elie Hennau, nouveau Directeur Général de France Galop, aux côtés des 9 Gentlemen-Riders du jour,

ainsi qu'Annie Casteu, Yannick Mergirie, Victoria Mion et Nathalie Bellinguier.

Crédits : The Soft Horse - Tous droits réservés


Fidèle supporter de nos amateurs, Yannick Mergirie a mis à cheval pour la dernière fois son ami et camarade de peloton, pour l’entrainement de Patrice Cottier. C’est ainsi que le duo Thunderspeed / Guilain Bertrand a pris le départ des 2100m. Comme dans un rêve, le beau bai a emmené notre Gentleman-Rider jusqu’au poteau devançant largement ses 8 autres concurrents. Voilà comment, Guilain Bertrand, 38 ans, licencié depuis 2011, est sorti par la grande porte acclamé par le public de Saint-Cloud !


Crédits : APRH - Tous droits réservés


Retour sur les 13 années d’amateurisme de Guilain Bertrand, que rien ne prédestinait à une telle carrière. Tout juste diplômé d’un master en Biochimie, le jeune parisien prend un job étudiant au GTHP et voit les courses de loin, sur le parking des hippodromes !


« J’ai toujours été passionné par les courses que je regardais à la télévision. Je n’étais pas joueur mais complétement passionné alors que je ne savais pas monter à cheval. Plus jeune j’avais monté à poney mais je n'avais pas donné suite. Cette pause a duré jusqu'à mes 22 ans. C’est lorsque j’étais voiturier qu’un collègue m’a dit qu’il pouvait me faire monter, le rêve pour moi ! Il m’a envoyé chez Ronald Caget en lui disant que je savais monter à cheval, ce qui était totalement faux ! Première matinée, premier canter ! J’ai passé l’été là-bas pour me mettre en conditions et je suis allé du côté de Maisons-Laffitte en demandant à Monsieur Gallorini si je pouvais monter à l’entrainement. Quelques mois plus tard je découvre l’écurie de Yannick Fouin et je me décide à passer le cap de la licence pour monter en course. »


C’est une décision plutôt tardive mais admirable lorsque l’on n’est pas issu du sérail, ou « fils de », que de se lancer un tel défi ! À cette époque les pelotons étaient fournis d’illustres Gentlemen-Riders auxquels Guilain a pu s’identifier.


« Tout gamin j’étais un fan de Cash Asmussen mais c’était juste car c’était l’américain à Paris (rires) ! J’ai toujours eu pour modèle des Gentlemen-Riders plutôt que des jockeys, ce n’était pas possible pour moi d’imaginer rivaliser avec leur niveau. Jean-Philippe Boisgontier, que je ne connaissais pas du tout, m’a toujours impressionné. Il avait une classe naturelle ! »


Guilain Bertrand, alors âgé de 24 ans, faisait partie de la 50ème Promotion Bernard de Saint-Seine aux côtés de Thomas Guineheux, Charles-Antoine Prunault, Alexia Leenders, Jonathan Lux, Alexandre Orain, Antonin Pelsy…  Un stage qu’il obtiendra haut la main et qui le conduira à remporter son 1er gagnant au bout de sa troisième course !


« Je m’en souviens très bien c’était un 3200m avec Tsar de Marbeuf à Châlon-en-Champagne pour Yannick Fouin, le 8 mai 2012. Morgan Regairaz m’avait donné les ordres en me racontant toute la course : « tu pars devant, au premier tour en face quand tu te fais attaquer tu leur dis de reprendre, au deuxième tour tu fais pareil mais ça ne va pas marcher alors serre les jambes et vas au bout » ! Il avait raison tout s’est passé comme il me l’avait dit quelques minutes plus tôt. C’était ma troisième course, après avoir débuté à Evreux pour Yannick Fouin puis être allé à Lisieux pour Gina Rarick. »


Des victoires il y en aura beaucoup d’autres pour l’amateur mansonnien, lui qui était prêt à s’engager dans la rédaction de sa thèse après son master … Comme pour beaucoup, c’est une rencontre qui viendra boulverser ses plans de carrière.


« C’était lors de ma première victoire PMU pour Pascal Adda à Dieppe. En effet, Pascal Adda mettait beaucoup d’énergie dans ses écuries de groupe et co-propriétaires. Il cherchait quelqu’un pour manager les écuries, rédiger du contenu. Il m’a proposé le poste de Web Manager et le choix a été très vite fait ! J’arrivais à monter un lot le matin puis m’occuper de l’administratif, du forum, j’assurais le suivi des chevaux des écuries grâce à des actualités quotidiennes, j’allais filmer les jockeys aux courses. Le but était de faire le lien entre les propriétaires et les entraîneurs. Pour l’écurie RMC, il y a eu jusqu’à 10 000 personnes impliquées dans le projet ! Cela a duré plus de dix ans pour lesquels je suis reconnaissant. »


Prix du Club des Gentlemen-Riders et des Cavalières à Dieppe le 25 juillet 2012

Guilain Betrand entouré de Pascal Adda et Laurent Beuvin


C’est en 2016 que tout naturellement le choix du Club se porte sur Guilain Bertrand pour représenter la France au Championnat du Mondes des Amateurs (la Fegentri). Il reviendra avec le titre de Vice-Champion du Monde et il raconte :


« J’en garde un super souvenir, j’ai pu voyager et gagner en expérience ! J’aurais adoré être sacré Champion du Monde mais c’est le jeu il faut un gagnant un perdant. Ce fut une année qui m’a beaucoup apporté et pour cela je remercie le Club et la Fegentri ! »



Il ne pensait pas avoir franchi le cap des 100 victoires mais au Club, on a réouvert les cahiers et on a fait les comptes ! Guilain Bertrand c’est 718 montes en plat et 92 victoires avec cette dernière, un ratio de 61% « dans les 5 », mais aussi une dizaine de montes en obstacle ! Ajoutons à cela une première victoire Fegentri en 2015 à Baden-Baden, puis ses 2 victoires dans le circuit Fegentri 2016 (Hambourg et Oman), ainsi qu’une victoire dans la World Cup of Nations à Berlin et trois victoires en Belgique, Guilain cumule un total de 99 victoires !


Cette passion il l’a vécu à 100% avec un agrément de propriétaire et de permis d’entrainer pour garder des chevaux de cœur auprès de lui. Ainsi, il a fait le choix de se professionnaliser aux côtés d’Anastasia Wattel à Deauville, il nous confie :


« Je n’ai pas d’idées précises pour la suite. Quand j’ai pris mon poste d’assistant entraineur le but c’était d’entrainer au bout des deux ans pendant lesquels je bénéficiais encore de mon statut de Gentleman-Rider. Mais c’est un métier difficile donc je prends mon temps. J’ai une très bonne place et j’ai adopté la Normandie ! Je remercie les entraineurs et propriétaires qui m’ont permis toutes ces courses et victoires. Les chevaux bien sûr ! Aujourd’hui c’est lui qui m’a emmené au poteau, il a tout fait et je n’avais pas le choix que de gagner. Merci au Club, pour toute l’organisation de nos vies d’amateurs. Venant de nulle part, je n’avais que ma passion et je ne serai jamais passé professionnel… C’est le Club qui m’a fait vivre mon rêve ! »

 

Bravo Guilain !


Crédits : The Soft Horse - Tous droits réservés

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